
Angoulême, ville de l’Image, souhaite conserver sa spécificité née de la création d’un festival plus que trentenaire : le festival international de la Bande Dessinée organisé chaque année lors du dernier week-end du mois de janvier pour la plus grande jubilation de ses quelques 20 000 visiteurs. Mais comment matérialiser cette particularité en dehors de la manifestation hivernale et des actions de la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image ? La réponse fournie en 1998 fut la conception d’un ensemble de murs peints disséminés dans la ville : en coeur de ville, aux entrées de ville et dans les quartiers périphériques. Depuis une dizaine d’années, ce sont plus d’une vingtaine de murs qui ont intégré le cadre de vie des angoumoisins.

De grands noms de la BD et de jeunes talents prometteurs ont collaboré avec “Cité de la création”, équipe de lyonnais pour qui la réalisation de murs peints de grande échelle n’a plus aucun secret. Ainsi peut-on flâner dans la ville de mur en mur, d’univers en univers. De formats et d’inspirations diverses chacune de ses réalisation s’intègre habilement dans la ville en instaurant un lien avec son patrimoine. L’avenue Gambetta reliant la gare au cœur de ville donne le ton : Lucien, le héros de Margerin, Lucky Luke et ses compères accueillent les arrivants, puis le mur des “sales mioches” (Berlion) avec son univers urbain annoncent l’entrée dans le centre ville. En contrebas le rond-point de La Madeleine prend des couleurs avec le dessin de Loustal, les réalisations de Florence Cestac et de Nicolas De Crécy animent le quartier de la Grand Font. La place du Champs de Mars n’est pas en reste avec le mur de Schuiten qui rappelle le passé industriel de la ville papetière, et quelques personnages “Les pieds nicklés” ou “Blake et Mortimer” qui du haut de leurs fenêtres interpellent les passants. Non loin de là les pachydermes de François Boucq sortent de leur univers sauvage pour se lancer à l’assaut de la ville. Le mur peint est souvent l’occasion de faire se côtoyer deux univers parallèles : c’est précisément le cas pour le mur en noir et blanc de la rue de Beaulieu de Marc-Antoine Mathieu. La dimension de ces fresques peut être tout à fait impressionnante quand le recul est possible : 260 et 240 m2 pour les plus grandes, ou de dimensions plus restreintes dans des espaces urbains plus exigus. Pour compléter cet ensemble, des personnages de BD sont intégrés ça et là sur des surfaces aveugles ; en outre des bus circulent dans la ville avec les figures de Corto Maltese ou bien des personnages de Claire Brétécher et Florence Cestac.

Par le mur peint, la bande dessinée diffuse dans la ville certaines de ces caractéristiques historiques et patrimoniales, et contribue à l’émergence d’une esthétique urbaine. L’ensemble de ces murs peints raconte une histoire de villes qui fait écho à celle d’Angoulême. De mur en mur, on se questionne sur la ville d’Angoulême grâce aux parallèles que proposent ces murs et leurs univers urbains des plus futuristes aux plus fantaisistes, réalistes ou l’oniriques... Le mur de Max Cabane, “la fille des remparts”, met en exergue la particularité de l’ancienne cité angoumoisine autrefois ceinte de remparts comme la ville de Béziers (ville natale de l’auteur) représentée sur ce mur. Le mur de Boucq “Chassez le naturel” nous montre de façon très satirique comment l’ordre peut basculer vers le chaos, comment la nature peut reprendre ses droits sur l’espace urbanisé. Celui de Nicolas de Crécy “New York sur Charente” montre la ville et son rapport étroit qu’elle entretien avec le fleuve... Il ne reste plus qu’à partir à la découverte de ces univers et des questions qu’ils suscitent, en effectuant le parcours des murs peints à pied ou à vélo.

Festival de la BD
Chaque année depuis plus de 35 ans, le Festival International de la Bande Dessinée prouve combien le « neuvième art » compte parmi les formes d’expression les plus vivantes et créatives de son temps. Tout a vraiment commencé en 1972 par une exposition intitulée “Dix millions d’images” qui remporte un tel succès que la municipalité d’Angoulême décide de créer un Salon dont la première édition est inaugurée en janvier 1974. Pratt signe l’affiche et Hogarth, Kurtzman, Tillieux, Franquin répondent présents. L’ambition de faire d’Angoulême la ville de la bande dessinée, au-delà des journées de janvier émerge très vite ; tout d’abord par le biais de la formation. Le festival est conçu pour attirer les professionnels comme le grand public. La dimension internationale est également donnée et renforcée dans les années 90. Parmi les grands noms primés au festival depuis ses débuts on peut citer : Paul Gillon, Claire Bretécher, Frank Margerin, Morris, André Franquin et Will Eisner, Philippe Vuillemin, Juillard, Boucq, Michel Greg, Alexandro Jodorowski, Robert Crumb, Jean Giraud/Moebius, Florence Cestac, François Schuiten et Benoît Peeters, Régis Loisel, Zep, Georges Wolinski, Lewis Trondheim.
lundi 8
Mars 2010 |
mardi 9
Mars 2010 |
mercredi 10
Mars 2010 |
jeudi 11
Mars 2010 |
vendredi 12
Mars 2010 |
samedi 13
Mars 2010 |
dimanche 14
Mars 2010 |
||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
13:15-13:45 Visites clin
d’œilVisites clin d’œil |
|
|
|
|
14:30-16:00 Visite
thématiqueVisite thématique |
||||||||||||||